Le rang du fond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 1 août 2008

Bruler les vieux

Les petits oiseaux en cage ont la rage
On les nourrit, même on les soigne et c'est dommage
Ils picolent et trinquent en hommage au carnage
Condamnés à errer, attendants le premier dérapage

On nous a dit que la crise était finie
Que le boulot bannirai les barreaux
Mais tout ça c'est des grosses conneries
On vit à quinze derrière les carreaux

On aura beau déverser divers breuvages
Mettre la tête des corbeaux dans le fromage
Béret et baguette dans le cul, quelle belle image! Faut pas s'étonner que la haine se propage

Alors il faut déformer, reformer
Réformer avec l'armée, mais arrêtez
De brûler les bus et les handicapés
Ca peut nous rapporter

Un car c'est cher, c'est très cher
C'est très cher pour vos vies de ver de terre
Vient en nous une idée, on va vous influencer
Il faut brûler : les pépés et les mémés

On est tous fin prêts pour le grand nettoyage
Le karcher s'impose, à tous les étages
On fera raquer tes parents, si t'es pas sage
Couvre-feu pour tous ces fous, ou on te refous en cage

Texte : Yannick Cilici

Ville fleurie

Dans le coltard, trop tard
Tous les trottoirs trottent dans ma tronche
A coup de kros, c'est le verre de trop

Le boulimique de tes boulevards
S'entraîne à trainer dans tous les troquets
Trinque à la santé...

Des lampadaires,toi tu t'y raccroches
Comme un papillon, tu décroches la lune
A coups de lance-pierre, et les lampes adhèrent

Combien d'hommes ont pleuré dans leur bière
Tant de femmes t'ont pris pour une serpillère
Mais on boira dans le mâme verre, de toute manière
Puisqu'on finira un jour ou l'autre tous en bière

Tu titubes et BAM! sur le macadam
Qui se rassemble ce ressemble
Et s'assemble semblant sombrer

Rot, t'as bien roté, toi qui te raboules
Amassant des mousses, et dans tous les cas
Tous les caniveaux mènent au rhum

Homme des tavernes, collègues de goulot
Bavent et bavardent, de vertiges
D'amours qui s'envolent

Mais ivre de vivre, tu t'es fait un tas d'amis
Tu as craqué ton RMI en une nuit
La trouille de la citrouille te casses les couilles, il est bientôt minuit
Mais il n'y a pas de carrosse pour ton ennui

Tard, il se fait trouble, et faut se rentrer
Fauché par l'alcool et les poches fauchées
Cassé par la dalle et les cordes vocales

Tu rentres dans ton placard, et
Pas de femme, hélas et l'âme est lasse
Tu vas coucher avec le marchand de sable

page 3 de 3 -