Drum'n chiasse
Par Laurent Dufond le lundi 16 février 2009, 21:06 - Textes - Lien permanent
Je rêve d'un concert trop fort dans mon corps qui résonne encore
J'me réveille aphone, je prends un coup de téléphone
A l'autre bout du fil j'entend :
" Hey fil, c'est le rang du fond, ça baigne? rendez-vous rue st-rome,
hein?"
J'enfile un métro tout jaune et tout vert je descend à Esquirol
L'odeur du gazole, le bruit de la ville : une pluie de casseroles
Afin d'égayer les gens de tout ce raz de bol
On joue dans la rue, mais si, mais si sous forme de parabole.
Ou est passé le bon vieux temps, des clodos alcoolos chantant
On a fait naître des free-parties, sous les fenêtres de la mairie
Concerto pour place folle, de casseroles au Capitole
Carnaval monumental, animation animale
J'atteris ici bas, la Terre est si bas, célibataire
Et on me dit que tout Toulouse, la ville rose est cul cul culturelle
Culturelle pour celui qui peut se payer du Bonduel
Culturelle, à condition d'une autorisation : tout un bordel
Culturelle, mon cul! Dans la rue y'a plus de place pour décibel
Et a tout les coups ce type n'aime pas la musique acoustique
La musique est sauvage
Les voitures sont bien sages
Et les passants pressés
Sont des zombies stressés
Il est interdit de sourire, et ne chercher pas à couvrir
L'appel de la pelleteuse, la berceuse de la perceuse
REFRAIN : La rue est sombre comme le trou de la CULTURE
On ouvre bien grands les yeux, on hallucine PLAQUES AU MUR
Apparaît devant nous deux écureuils bleus un peu nerveux
Ils nous chipent les noisettes et nous brisent les noix
En échange d'un amende : MENDICITE ILS ONT CITE
La rue St-Rome a le syndrome
Du quartier dormant sous le dogme
Du sacro- saint commerce roi, résonnent les bottes, tremble la terre
Sous la fanfare des bouche la joie, des mines austères du ministère
Raffarin rastafarien, en moule-bite danse un breakbeat
Tombe sur sa bosse, et d'un coup de rein, se redresse pour montrer sa
suite
Le petit Nicolas sarkozy, en survet kaki fluo
Frappe en cadence son sifflet sur un tambour en peau de flic
Douste-Blazy en blouse blanche balance un coup de bistouri
Sur une contrebasse sans manche, en poussant des cris d'otaries
Tandis que Dominique Baudis, ligoté et tenu en laisse
Souffle un solo de Miles Davis, une trompette dans les fesses
A toutes les associations c'est l'heure de la révolution
C'est bien beau le bénévolat, ça arrange bien l'état
Les tas d'hommes politiques qui nous niquent, qui se tripotent là
On participe à leur salaire, à leur parties de jambes en l'air
A l'entretien de leur maîtresses, et tiens, si on serrai les fesses
Ils faut bien qu'ils nous rabaissent, avec de belles promesses
Car, injurier l'avenir, ça leur donne des ailes
A l'accomplissement de leur carrière personnelle
Des mots, démocratie, il pleut des mots comme par magie
Et j'écrase mon mégot sur leur démagogie
Mon cul c'est pas du poulet, et ma carrière bat de l'aile
Et, à tout les coups, ce type n'aime pas la musique acoustique
REFRAIN