Ta vie entière, tu l'a consacrée
Au travail bien fait, tu as trépassé
Une humble concession, ouais t'as passé
Sacré con de retraite qui te passe sous le nez
Et tu tombes dans le cirque de la crypte
Un rat obèse fait du trapèze
Un gros crapaud avec des cuisses d'apôtres
Une morue séchée qui jongle avec ses arrêtes

Rapatriés, trimbalés, brancardés
Un corbillard est un corps oublié
Tu t'es cru si fier, et crucifié tu t'es sacrifié
Au chaud, au chômage, dans ton sarcophage, faut aller pointer
ANPE, trip assedic
Pas de compétences ni de cons de dépenses
La fosse syndicale, une potence
Ici aussi on trime pour l'éternité

La faucheuse a fauché, au supermarché
Un enfant du Mali, un clodo à Paris
Les raz de marée, ça la fait marrer
Une pierre tombale ouvre le bal, à coups de balles
A la taverne des étripés
On se remémore nos remords d'avant la mort
Y'a un squelette à la buvette
Une femme sans tête joue des claquettes

Au diable la tripotée de potins, et les regards hautains de diablotins
Petit scarabée, ceinture noire de machabée, elle est bouche bée
Une gifle, un soufflet, un coup de pied retourné
Et pour l'humilier une féssée funébre
La bête à cornes fume un gros cône
Une momie mytho qui vomit tout mes mots
Depuis hier, réveillé au cimetière
Je dois ainsi me taire

En grande pompe devant tout le monde
Et à coup de pompe, t'as botté la mort

La mort t'as dit, la mortadelle tu redevient gras
Poussière, profite de cette chair qu'est la vie
Mords donc dedans, dans cette chair, Gargantua
Les bons moments, faut les manger, les savourer...

Texte : Arabeyre Jean-philippe